Raphaël Métais a quitté l’école en 2004 après avoir suivi le cursus complet. Il est désormais diplomate, actuellement détaché à Berlin auprès du gouvernement allemand, dans l’équipe chargée de la politique européenne de la Chancelière.

Après la fin de la 12ème classe, en 2004, j’ai intégré une classe de Terminale ES pour passer le Baccalauréat. L’arrivée dans le nouveau système scolaire s’est très bien faite. J’ai en particulier aimé les cours de Philosophie et d’Histoire-Géographie, dans lesquels j’ai appris beaucoup de nouvelles choses. Ces matières ont éveillé chez moi un fort intérêt pour les sciences humaines. Une fois le Bac en poche, j’ai intégré l’Institut d’Etudes Politiques (Sciences-Po) de Strasbourg. L’étude simultanée de différentes matières (droit, économie, histoire, philosophie, sciences politiques, sociologie…) me paraissait en effet essentielle pour comprendre le monde social, politique, économique et culturel dans lequel nous vivons.

J’ai ensuite orienté mon parcours académique et professionnel vers l’international, à travers des stages et des études à l’étranger en mettant en particulier l’accent sur les questions de politique européenne. Issu d’une région transfrontalière et ayant étudié à Strasbourg, l’une des capitales de l’Europe (le Parlement européen y a son siège), je me suis toujours senti proche de la thématique européenne. J’avais envie de comprendre pourquoi et comment des pays si différents les uns des autres avaient décidé de travailler étroitement ensemble pour construire un projet commun inédit : l’Union européenne.

C’est ainsi qu’après une spécialisation dans le domaine de l’Europe et des relations internationales, j’ai choisi de commencer une carrière de diplomate en rejoignant le Quai d’Orsay (Ministère des Affaires étrangères) à Paris. Ce métier me paraissait l’aboutissement naturel de mes études et le moyen idéal pour approfondir ma réflexion sur les questions européennes et internationales tout en participant activement aux processus décisionnels.

Ma première « affectation » (poste que l’on occupe durant quelques années) à Paris a consisté à travailler sur les questions du marché intérieur européen. Ce vaste domaine constitue le cœur de l’intégration européenne. Historiquement, c’est en effet par l’unification de certains secteurs de leur économie (d’abord le charbon et l’acier, puis progressivement d’autres secteurs) que les pays européens ont véritablement lancé la construction de l’Europe. Depuis lors, le marché intérieur s’est fortement développé et concerne désormais quasiment tous les secteurs de l’économie des Etats. En pratique, le marché intérieur consiste à adopter les règles qui encadrent l’économie, dans le domaine social et environnemental par exemple.

Après deux années à Paris, il m’a été proposé de rejoindre, à Berlin, l’équipe chargée de la politique européenne de la Chancelière allemande, Mme Merkel. J’ai tout de suite accepté ce poste exceptionnel ! Je travaille désormais, en tant que fonctionnaire français, pour le gouvernement allemand. Je suis intégré dans le fonctionnement de la Chancellerie fédérale et travaille en immersion totale dans le système allemand.

C’est une situation tout à fait inédite, qui n’est possible qu’en raison de la très grande confiance qui existe entre les autorités françaises et allemandes. La France et de l’Allemagne ont en effet construit une relation étroite depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, et de part et d’autre, chacun reconnaît la nécessité d’avoir un dialogue permanent au plus haut niveau politique afin de permettre à nos deux pays et plus largement à l’Europe de travailler au mieux ensemble.

En somme, depuis la fin de ma scolarité à l’Ecole Mathias Grunewald, les questions de politique européenne et internationale ont été le fil rouge de mon parcours.

Quel souvenir gardez vous de votre scolarité à l’école ?

Je garde le sentiment d’un environnement scolaire marqué par une grande bienveillance. Les professeurs exerçaient leur métier avec une grande attention pour les élèves, leur personnalité, leurs forces et leurs faiblesses. Au cours des premières années, la rédaction d’un bulletin personnalisé de plusieurs pages à la fin de l’année témoigne de cette attention. Dans les grandes classes, l’engagement des professeurs pour les projets (théâtre, voyages de classe, travail de fin d’année) aux côtés des élèves m’a fortement marqué.

De quelle façon votre cursus scolaire à l’école a-t-il contribué à votre parcours professionnel ?

La multiplicité des enseignements que j’ai reçus tout au long du cursus scolaire (langues vivantes dès les premières classes, activités physiques, travaux manuels et artistiques variés, réalisation de projets personnels et collectifs, musique) constitue un bagage qui m’accompagne dans mon parcours. Cette diversité m’a offert une ouverture sur le monde. J’ai fait le choix d’un métier dans lequel il est important d’avoir envie de s’intéresser à des choses très différentes, d’un point de vue théorique (lorsqu’on élabore une position pour son pays) mais aussi de manière concrète (lorsqu’on est en poste dans un pays étranger, il faut pouvoir faire beaucoup de choses soi-même). Je pense que cette variété d’enseignements m’aide à pouvoir rapidement trouver un équilibre personnel et professionnel lorsque je suis amené à changer de situation, de position.

La manière dont l’enseignement à l’école Mathias Grunewald m’a été dispensé me conduit également à agir avec une certaine conscience individuelle. J’ai fait le choix de travailler dans un environnement fortement marqué par des contraintes politiques et administratives. Cet environnement se caractérise également par de forts liens d’interdépendance. En pratique, je travail toujours avec un grand nombre de personne, en « réseau », car les thématiques traitées sont vastes et complexes. Dans ces circonstances, le système exerce parfois des pressions sur les individus et sur leurs choix. L’enjeu consiste ainsi à mes yeux à rester en harmonie avec soi-même. J’ai le sentiment que l’environnement bienveillant dont j’ai bénéficié au cours de mon cursus scolaire m’aide dans cette démarche.

Raphaël METAIS