Ma scolarité de trois ans (10e, 11e et 12e) à l’École Mathias Grunewald m’a très certainement aidé à acquérir des « compétences humaines » comme l’autonomie, la créativité et la capacité à gérer les relations sociales qui me sont utiles aujourd’hui au niveau professionnel. En particulier, je peux me souvenir de l’importance de travaux et projets individuels ou collectifs qui ont joué un rôle à ce niveau : cahier de période, réalisation d’œuvres artistiques ou techniques dans divers matériaux, pièce de théâtre, voyage de classe, et évidemment, travail personnel de 12e classe. Ce dernier projet m’a énormément appris, car il a été l’occasion de me consacrer à fond à une discipline (la jonglerie) pendant toute une année. Cela m’a permis de prendre conscience de la capacité que nous avons tous à nous transformer et à développer une certaine compétence, dès lors que nous nous en donnons les moyens. Plus largement, l’intérêt réel et souvent enthousiaste des enseignants pour leur matière scolaire a sûrement contribué à me donner le goût d’apprendre.

Après quelques années passées dans la vie professionnelle, on réalise à quel point ces « compétences humaines » sont importantes pour faire face aux exigences du monde du travail. Pour ma part, elles viennent utilement compléter les compétences techniques et intellectuelles que j’ai pu acquérir lors de mes études à Sciences Po Paris et à l’Université libre de Berlin. En tant qu’attaché de presse à l’ambassade d’Éthiopie à Bruxelles, où je travaille depuis plusieurs années, je suis amené à réaliser une grande diversité de tâches et à interagir avec différents types d’interlocuteurs : journalistes, diplomates, hommes politiques, investisseurs, etc. Les « compétences humaines » se révèlent centrales pour tenter de mener à bien mes missions dans ce cadre. Par exemple, un communiqué de presse réussi ou la capacité de publier un article dans les médias repose principalement sur un sens du timing, sur la faculté à se saisir d’un sujet qui est “dans l’air du temps” à un moment précis. Ici, les sens de l’initiative, de la confiance en soi et de l’autonomie sont primordiaux. Les projets collectifs entrepris dans mon travail, eux, requièrent en particulier l’aptitude à gérer les relations sociales. En effet, sous la pression des échéances ou des attentes de la hiérarchie, la relation avec les collègues devient souvent un défi en soi et parfois même un obstacle pour la poursuite effective du travail. Les sens du compromis et du dialogue sont ici des prérequis pour avancer, et le fait de les avoir entraînés dès ma scolarité au travers de différents projets collectifs a été une préparation importante pour moi.

Le monde professionnel est bien plus coloré qu’on ne pourrait le croire, et une école colorée est une étape importante pour s’y préparer ! Un grand merci à l’équipe pédagogique de l’école Mathias Grunewald d’avoir contribué à éveiller mon désir d’apprendre et d’entreprendre.

Jonas LISMONT – Attaché de presse à l’ambassade d’Éthiopie à Bruxelles